Légendes Arthuriennes et autres

Légendes Arthuriennes et autres

Le roman de Tristan

Le roman de Tristan est bien supérieur au roman de Lancelot, et occupe le premier rang parmi ceux de la Table Ronde ; Tressan en a laissé un abrégé fort piquant. Tristan aime Iseult, épouse du roi Marc, et en est aimé. Jamais passion plus tendre, plus énergique, plus constante, ne brûla deux jeunes cœurs. Tristan, comme pour indemniser le roi Marc, son oncle, de ce qu’il perd du côté de son épouse, lui gagne diverses batailles, et assure son triomphe sur tous ses ennemis.

Mais ce héros ne peut triompher de la fatale destinée qui le menace lui-même. L’amour l’a choisi pour holocauste. Il meurt sur un faux récit de l’amour d’Iseult ; Iseult expire à la vue de son chevalier expirant pour elle. Deux tombeaux sont élevés ; du sein de celui de Tristan sort une ronce verte et feuillue qui par degrés s’incline sur le tombeau d’Iseult et y pénètre. Arrachée trois fois, trois fois elle renaît plus belle.

Ce miracle d’amour plaît à notre imagination, mais l’âme de nos aïeux se prêtait sans effort à ces tendres fictions, et ils ne concevaient l’amour que comme un sentiment que rien ne peut déraciner du cœur et qui survit à la mort même ; chez eux la passion préservait du vice ; chez nous le vice préserve des passions.

 

Maurice George-Élie Lalau (1881-1961) The Romance of Tristram and Iseult - 1908.jpg



19/11/2019
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