Légendes Arthuriennes et autres

Légendes Arthuriennes et autres

L'abbaye de Glastonbury

Une histoire de l’abbaye de Glatonsbury, De Antiquitate Glastoniensis Ecclesiae rédigée en 1130 par Guillaume de Malmesbury, mentionne la découverte de la tombe de Gauvain, neveu du roi Arthur, ajoutant que la recherche de celle d‘Arthur était restée vaine. A la même époque une Vie de Gildas d’un certain Caradoc de Llancarfan raconte l’enlèvement de la reine Guenièvre par un roi du Somerset, Melwas, et son emprisonnenment à Glastonbury. L’association de ce site avec la légende arthurienne est donc faite dès le début du siècle. 
Mais c’est à la demande du roi Henri II que l’on entreprit des recherches qui aboutirent en 1191, sous le règne de Richard Cœur de Lion, à la découverte des prétendues tombes d’Arthur et de Guenièvre par des moines de cette abbaye de Glastonbury. Cette abbaye est alors en Angleterre la rivale de l’abbaye de Saint-Denis en France. L’abbé de Glastonbury, Henri de Sully, est complice. Les circonstances de cette exhumation sont relatées par un clerc contemporain, Giraud de Barri, chapelain du roi Henri II : 

"Arthur a été retrouvé de nos jours à Glastonbury, entre deux pyramides de pierre élevées jadis dans le cimetière, gisant profondément en terre dans un tronc de chêne creusé et, solennellement transféré dans l’église, il y a été pieusement déposé dans un tombeau de marbre. Une croix de plomb placée sur une pierre, non pas à l’endroit [comme c’est notre usage], mais à l’envers [je l’ai vue et j’en ai touché l’inscription, taillée non pas en relief, mais en creux, et tournée du côté de la pierre], disait : "Ici gît l’illustre roi Arthur, enseveli avec Wenneveria, sa seconde femme, dans l’île d’Avallonie".

Giraud de Barri, De principis instructione, vers 1193.

 

Giraud de Barri identifie Glastonbury avec l’île d’Avallon. Située au Sud-Ouest de l’Angleterre, l’abbaye se trouvait sur un lieu marécageux, et aurait tiré son nom d’un ancien toponyme breton "Inis Avallon" signifiant "l’île aux pommes" ou de "Inis Gutrin" signifaint "l’île de verre". 

D’autres rois ont plus tard entretenu cette légende : Edouard 1er qui visita l’abbaye en 1275, puis Edouard III qui aurait aimé vers 1331 découvrir à son tour la tombe de Joseph d’Arimathie. Le premier petit-fils d’Henri et d‘Aliénor, né en 1187, il reçut le nom d‘Arthur et fut considéré comme l’héritier futur de la Bretagne jusqu’en 1203, date où il fut assassiné. Quant à Richard Cœur de Lion, lors de la 3e croisade, il portait une épée que certains témoignages présentent comme "l‘épée d’Arthur, l’illustre roi breton des temps anciens, que les Bretons nomment Excalibur" [d’après Roger de Howden], épée qu’il offrit au roi de Sicile Tancrède en échange de l’argent qui lui manquait. Mythe et réalité se confondent désormais et la légende arthurienne est alors complètement assimilée par les rois d’Angleterre et intégrée à leur désir d’exalter un sentiment national.

 

Charles Fairfax Murray (1849-1919)
Sur la tombe d'Arthur
art_294.jpg
 
Abbaye de Glastonbury (nef) 
nef10.jpg
 
Emplacement de la tombe d'Arthur 
tombe10.jpg
 


30/07/2018
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