Légendes Arthuriennes et autres

Légendes Arthuriennes et autres

Guenièvre condamnée

Parvenu au sommet du tertre, Lancelot s'arrêta : à ses pieds s'étendait Camelot ; la petite cité semblait toute embrasée de mille feux scintillants car l'alerte était maintenant générale.
Lancelot comprit sa folie : pour sauver la reine, il lui fallait trouver de l'aide, il ne pouvait agir seul. Au moment même où le fugitif allait quitter avec précaution la lisière du bois il eut la surprise et la joie de s'entendre appeler par une voix amie qui lui parut être celle de son cousin. Bohort qui avait sans doute emprunté un autre chemin se trouvait déjà sur le lieu du rendez-vous. Quand Bohort s'aperçut que Lancelot était armé de pied en cap, alors qu'il s'était rendu chez la reine, vêtu seulement d'un bliaud de soie rouge, le bon chevalier eut aussitôt l'intuition qu'un drame aux conséquences incalculables avait eu lieu.
La nuit s'était écoulée sans apporter au roi ni paix, ni sommeil. Levé à l'aube, il ne put ni boire ni manger. L'heure venue, Arthur demanda à ses barons de juger la reine ; puis il se retira, ne voulant pour rien au monde revoir celle qui l'avait si cruellement offensé.
Lorsque les barons furent rassemblés, Agravain et Mordred contèrent à leurs pairs comment ils étaient venus, avec l'accord du roi, à faire arrêter les amants. Ajoutant qu'à leur avis la reine avait largement mérité de mourir pour avoir indignement trompé son époux - leur seigneur - et ceci depuis des années.... Car tous devaient l'admettre, cette liaison qu'il venaient de découvrir était déjà ancienne.
Dès qu'il connut l'issue du procès, Arthur ordonna de dresser un grand bûcher dans un pré situé en dehors du château, car il était d'avis qu'une reine ointe et sacrée par l'évêque ne pouvait périr que par le feu.
-Sire, lui répliqua Gauvain, qui avait attendu dans une salle voisine la proclamation du verdict, je ne vous servirai plus de ma vie si vous ordonnez pareille ignominie. A Dieu ne plaise que je voie mourir Madame la reine de mort aussi cruelle !
Arthur se contenta, cette fois, de hausser les épaules comme un homme qui a d'autre soucis en tête. Alors, messire Gauvain le quitta, hors de lui, pour aller s'enfermer dans son logis et sachez que si le monde entier avait péri devant ses yeux, il n'en n'aurait pas fait plus de cas...
A deux reprises la reine s'est abaissée jusqu'à supplier ceux qui la gardaient de l'amener devant le roi ; mais à deux reprises également, Arthur a refusé de la voir. Alors Guenièvre comprend que si nul ne vient à son aide, il lui faudra mourir.



13/04/2008
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