Légendes Arthuriennes et autres

Légendes Arthuriennes et autres

Morgane grandit

Ygraine ne s'était pas trompée : des sept années d'apprentissage de Morgane, certaines s'écoulèrent comme quelques jours à peine, d'autres semblèrent durer une éternité. Morgane resta d'abord en Cornouailles, au coeur de la lande, dans une sorte de couvent. Des femmes sévères vêtues de noir lui apprirent à maîtriser son caractère emporté puis, plus subtilement, à utiliser la force de sa colère pour arriver à ses fins mais sans violence. Morgane grandit beaucoup cette année-là et c'est une longue jeune fille au visage sévère qui prit la mer pour la Petite Bretagne. Elle passa les deux années suivantes en forêt de Brocéliande afin de dévouvrir les secrets des plantes, des pierres et des eaux.
Sur les crêtes par les nuits claires, elle commença à déchiffrer le langage des constellations. Durant son apprentissage forestier elle avait bien souvent entendu évoquer Merlin, sans jamais avoir croisé son chemin. Plusieurs fois, elle tenta de lire dans les étoiles ce qu'était devenu son demi-frère, dont le souvenir était toujours aussi vif dans son coeur. Il vivait, avaient dit les astres, et elle avait vu luire dans le ciel un épée, une couronne et ce qu'elle avait pris pour une roue flamboyante.

Morgane quitta ensuite la forêt pour une île fouettée par les vents au large de la Bretagne, où durant trois années, elle se consacra à la haute magie. Là, elle comprit qu'elle accédait peu à peu à la vraie puissance, celle du savoir. Elle s'initia à l'art de la métamorphose, qu'elle désirait connaître depuis si longtemps. Elle se mua en biche, en rocher et bien sûr surtout en oiseau : elle pouvait enfin voler dans le vent fou et plonger dans les eaux. Elle sut déchaîner les tempêtes, faire danser les pierres. Elle affrontait les vagues, seule sur sa barque à voile noire et les chevaux les plus rétifs s'apaisaient quand elle leur parlait à l'oreille.

La septième année, elle partit avec huit de ses compagnes  plus loin encore vers l'ouest. Leurs chants dirigeaient le navire qui filait sous ses voiles sombres vers AVALON, l'île mystérieuse, l'île de la jeunesse qui leur apparut enfin, parfaite dans sa glorieuse lumière dorée. L'une après l'autre, elles posèrent pied sur son sol : une force et une joie intense les envahirent tandis que flottaient autour d'elles de subtils parfums.

A la fin de cette dernière année d'études, les compagnes de Morgane se réunirent autour d'elle et lui demandèrent très simplement d'être leur reine à toutes. A cet instant, Morgane entendit l'écho lointain de la voix de Gorlois lui prédisant qu'elle serait la dame des îles du Couchant. Alors, elle accepta, à la condition que cette royauté reste secrète et ne s'exerce qu'à l'approche d'un grand péril. Le reste du temps, elles vivraient comme neuf soeurs, dans l'île d'Avalon et partout dans le monde.
Chaque jour Morgane lisait le devenir du monde dans une vasque d'obsidienne. L'agitation des hommes la distrayait souvent, l'agaçait parfois ; puis elle retournait à son laboratoire, à ses élixirs et aux grandes cosmographies qu'elle aimait consulter. Contrairement à ses huits "soeurs" elle avait gardé de son enfance le goût de l'écriture et de la peinture sur de beaux parchemins.



01/03/2009
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